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États-Unis – Espagne – Émirats Arabes Unis – Maroc | 2013 – Aujourd’hui

“Le désert est le milieu de la révélation, il est génétiquement et physiologiquement autre, sensoriellement austère, esthétiquement abstrait, historiquement hostile… Ses formes sont puissantes et suggestives. L’esprit est cerné par la lumière et l’espace, par la nouveauté cénesthésique de la sécheresse, par la température et par le vent. Le ciel du désert nous entoure de toute part, majestueux, terrible. Dans d’autres lieux, la ligne d’horizon est brisée ou cachée ; ici, unie à ce qui se trouve au-dessus de notre tête, elle est infiniment plus vaste que dans les paysages ondoyants et les régions de forêts.”

Paul Shepard – L’Homme Dans Le Paysage

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Fulgurances

by Maxime Daviron

France, Espagne | 2009 – Aujourd’hui

Altérité furtive et fulgurante, déchirure aveuglante jaillie de l’obscurité, la foudre ne cesse d’imprimer sa persistance dans mon esprit depuis un soir de mai 2007. Animé par cette fascination obsessionnelle, je tente de la figer sur mon capteur saison après saison, et d’insuffler une âme cinématographique à ces atmosphères à la lisière de la nuit.

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The High Moor

by Maxime Daviron

Mars 2019 | Cézallier, France

L’hiver touche à sa fin sur les hauts plateaux. Un vent glacial balaye la lande qui se métamorphose à mesure que la neige fond, dévoilant entre ses tâches éparses une herbe encore ternie par le froid. Seules présences perceptibles, de longues nuées d’oiseaux s’étirent sous un ciel sombre, ondulant au-dessus des collines, des arbres solitaires et des maisons perdues ; tandis qu’enfin commencent à percer les premiers rayons du soleil de mars.

Cette série est le portrait d’un territoire oublié à une saison où nul ne le traverse. Construite comme une succession de plans cinématographiques, elle est influencée par le travail d’Andreï Tarkovski, certaines peintures d’Andrew Wyeth ou encore l’atmosphère de films et séries comme Fargo.

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Juin 2017 | Haute-Loire, France

Une lueur bleutée enveloppe la région alors que la brume s’installe et qu’un orage s’éloigne… Le bruit diffus d’un moteur tranche le silence à la lisière de la forêt, et son écho se perd doucement entre les sapins. Les minutes défilent, suspendues. La lumière s’étiole, et les couleurs se diluent peu à peu dans une nuit naissante.

Errance crépusculaire, cette série est directement inspirée des albums « A Fine Day To Exit » et « The Pessimist » du groupe de rock progressif britannique Anathema. Elle puise ses influences visuelles dans le cinéma : plus particulièrement de certains films de Jeff Nichols, Steven Spielberg et David Lynch ; mais également des peintures d’Edward Hopper ; ou encore de l’esthétique mystérieuse des photographies de Gregory Crewdson, et son habitude de multiplier les fausses pistes dans chacun de ses « tableaux ».

Elle prend pour décor une région déserte du centre de la France, évocatrice de cette Amérique rurale si profondément ancrée dans notre imaginaire. Construite comme une séquence ou un storyboard, elle dévoile ces neuf scènes comme des indices que l’on disséminerait plan après plan – laissant au spectateur le soin d’imaginer l’histoire en filigrane.

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2015 – 2016 | États-Unis, Canada

Double ligne jaune vif tranchant l’anthracite, traçant droit vers l’horizon ; milliers de segments discontinus imprimant leur rythme imperturbable ; courbes allongées, lacets serrés, droites interminables ; asphalte lisse, terre battue et macadam usé…

La Route, brute, mythe moderne de l’Ouest, s’étire inlassablement à travers les étendues nord-américaines.

Striée de gomme de pneus, couverte d’hydrocarbures, jonchée de bris de verre et fragments de métal ; ponctuée de villes-carrefour, croisée par les rails des transcontinentaux, filant au cœur de territoires oubliés ; elle constitue un monument abstrait : celui du voyageur errant.

Le road trip, comme approche du voyage, est quelque chose de résolument ancré dans la culture nord-américaine. Parcourir d’immenses distances par les routes, traverser grandes plaines, montagnes et déserts ; croisant ça et là quelques villes solitaires, oasis isolés perdus au cœur de l’Amérique profonde. C’est l’une des façons les plus immersives de découvrir ce vaste continent.

Au cours de plusieurs voyages, j’ai réalisé cette série en essayant de retranscrire différents visages de la Route, imprégné d’influences culturelles et artistiques variées. Parmi eux, les road movies et la musique des années 1960 et 1970 ; différentes œuvres de Jack Kerouac – dont, bien sûr, la version originale de « Sur la Route » ; mais aussi de nombreux photographes comme Stephen Shore, William Eggleston ou Joel Sternfeld.

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