Traversée de l'Amérique du Nord - Partie 6/6 : Épilogue

25 juin - Whitehorse, Yukon

Whitehorse, nous y sommes. Nous traînons nos affaires jusqu'au hall de l'hôtel et réservons une chambre.

Sous ces latitudes, à cette époque proche du solstice, le soleil se lève et se couche à des heures improbables. Les journées sont constituées d'une vingtaine d'heures d'ensoleillement et d'une courte période plus sombre  – censée être la nuit  – durant laquelle le soleil reste juste sous l'horizon, créant un crépuscule – ou une aube – continu.

Nous passerons trois jours ici, avant de prendre un dernier bus, le 28 juin, pour Carmacks, à un peu plus de deux heures de route vers le nord.

Nous devions ensuite faire du "wwoofing" (sorte de bénévolat / échange) et garder la petite ferme d'un couple, non loin de Faro, plus à l'est. Aussi, on vint nous chercher à Carmacks en pick-up, et deux heures plus tard nous étions arrivés.

Nous restâmes à la "ferme" (en fait une maison isolée avec potager et animaux) une dizaine de jours, nous occupant du jardin et des 8 chiens, 3 chevaux, 4 lamas et 4 poules (tout de même) en leur absence. À leurs retour ils furent extrêmement satisfaits. Camille ayant fait une école d'horticulture et de paysagisme avant d'arriver, un an après moi, à l'ETPA (école de photographie) ; elle sait s'occuper d'un jardin, et est perfectionniste de surcroît, alors évidemment quand ils nous dirent que "jamais le jardin n'avait été aussi bien entretenu", je n'eu aucun mal à les croire. Malheureusement, peu à peu, ce couple se révéla être la parfaite illustration du terme "asocial", et la façon extrêmement négative et aigrie qu'ils avaient de parler des gens du village proche (pourtant très agréables, d'après les rencontres que nous en ferons), et de la plupart des êtres humains d'une manière générale, commença à nous peser au fil du temps. Néanmoins nous restions courtois, faisions comme si de rien n'était, et poursuivions notre travail sans sourciller. Malgré tout, quand nous nous retrouvâmes (pour cause d'imprévu les concernant) seuls avec Doug (le mari), les choses finirent par se dégrader. Leurs projets ayant changé, nous n'avions plus à garder la ferme une seconde période de 10 jours, aussi une fois qu'ils n'eurent plus besoin de nous, ils nous firent comprendre que nous n'étions plus les bienvenues et nous mirent plus ou moins à la porte, nous laissant dans l'incompréhension la plus totale. Et je n'aborderai pas ici la manière dont ils nous volèrent (littéralement) 500$ après qu'une personne ai roulé en pick-up sur un de leurs vélos (ce dont ils nous accusèrent, comme nous l'avons appris plus tard)... Fort heureusement l'assurance du site de wwoofing finit par nous rembourser la somme. Évidemment, après cela (alors que nous étions parti travailler avec une biologiste, non loin de là) ils fuirent toute confrontation éventuelle. Pour donner une idée de leur décalage par rapport à la réalité : ils pensaient que Whitehorse, petite ville extraordinairement paisible d'à peine plus de 20 000 habitants, était aujourd'hui en proie à des "gangs de trafiquants de drogue"... On peut supposer qu'après avoir vécu 13 ans coupés du monde avec une vie sociale réduite à néant, leur façon de voir les choses ai pu être affectée. Mon image fantasmée de personnes en communion avec leur environnement et la vie au sens large était visiblement très erronée, dans ce cas précis (qui reste heureusement une exception, en considérant le reste de nos rencontres).

En bref, après le périple que nous avions fait (en grande partie pour eux) depuis Stewart, il ne nous restait presque rien. Aussi nous fûmes extrêmement chanceux de nous voir proposer un travail non loin de là : nous aidions une biologiste à étudier la migration annuelle des saumons dans la petite rivière de Blind Creek – un affluent de la proche Pelly River. Jane – la biologiste en question – nous offrit son hospitalité, à l'instar des gens que nous avions rencontré à Stewart et lors de notre dernière traversée (et à l'opposé total de ce que nous avions vécu à la ferme). Notre quotidien se résumait (une fois le barrage et le camp installés) à guetter les poissons, les isoler dans une partie du barrage lorsqu'ils y entraient, puis les sortir à l'épuisette, les mesurer, noter certaines caractéristiques et réaliser quelques prélèvements (des écailles, parfois des œufs). Mais le plus clair de notre temps, nous pouvions vaquer à nos occupations, jouer aux cartes, cuisiner... Nous allions de temps en temps au village, en pick-up, pour faire le plein d'eau et retrouver un contact avec le monde extérieur (nous n'avions, au camp, ni réseau téléphonique ni internet). Néanmoins, presque quotidiennement, des curieux – voyageurs ou locaux – nous rendaient visite au camp pour voir ce que nous faisions, et discuter un peu. Ce travail nous laissant beaucoup de temps libre, ce fut aussi l'occasion d'écrire la majeure partie du récit, et de commencer à traiter les images.

Nous restâmes à Blind Creek jusqu'à la fin du mois d'août, puis Jane nous ramena à Whitehorse et nous hébergea chez elle un mois durant, nous laissant sa maison alors qu'elle devait partir pour un autre camp encore plus isolé.

Nous avions songé à nous installer à Whitehorse, mais il s'avéra que la vie y était étonnement (très) chère, ainsi appartement et travail décents semblaient impossibles à trouver – comme nous en avions été prévenu. Nous changeâmes donc nos plans, et poussés par une accumulation d'autres raisons, nous décidâmes de revenir à Montréal. En effet, nous avions besoin d'un "chez nous" et d'une vie sociale plus "normale" après ce temps passé loin de tout (bien qu'un peu de monde passait au camp assez régulièrement), et la vie là-bas est largement plus simple : opportunités, occupations, logements, emplois, culture... La ville est vivante et cosmopolite, la seule chose faisant cruellement défaut dans cette région étant la montagne. Mais l'endroit constituant une bonne base pour de futurs road trips et voyages, ce n'était que partie remise.

Malgré ces événements, entre le 28 juin et le 20 septembre (date à laquelle nous repartîmes pour Montréal), il y eu de très bons moments.

La période durant laquelle nous fûmes seuls à la ferme, notamment ; ainsi que tout le temps passé au camp de Blind Creek, avec Jane et Akilah (une jeune fille de 18 ans vivant à Faro qui travaillait avec nous). Un trek de 5 jours, également, à travers les forêts de sapins, de cabanes en cabanes, fut l'un des moments forts.

Voici quelques uns des ces instants passés dans le Yukon, au cœur des forêts boréales...

 

8 juillet, Blind Creek Road

Un après midi de juillet, un brouillard âcre envahit les montagnes. La fumée d'un lointain feu de forêt s'est répandue jusqu'à nous, rendant blafarde la lumière du soleil durant quelques heures... Les pointes des sapins se détachent, tranchantes, dans cette brume persistante.

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12 juillet, à quelques kilomètres de la Pelly River

Un après-midi, je pars faire du repérage dans la forêt, le long d'un petit sentier. En remontant une côte dans la forêt, je finis par émerger au dessus des cimes, sur les flancs d'une pente couverte de bouleaux. Quelques averses évoluent au loin, doucement...

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13 juillet, Blind Creek Road

4h du matin. Mon réveil sonne et comme je le pensais, après les pluies de la veille, une légère brume recouvre les environs à l'aube. Je file jusqu'au superbe point de vue qu'offre une longue côte de Blind Creek Road, la piste menant à la ferme depuis Faro. Cet endroit est devenu pour moi, avec le temps, un panorama de prédilection sur ces forêts du nord.

La brume glisse entre les arbres et au dessus des vallées, s'étirant en écharpes de vapeur blanche devant les montagnes lointaines et entre les troncs des sapins subalpins...

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En redescendant la route, j'approche d'une petite rivière aux eaux calmes. Le silence règne, alors que la lueur dorée d'un soleil précoce enveloppe tout peu à peu.

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L'aube paisible se poursuit doucement, et bientôt le disque solaire s'élève au delà des collines...

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21 juillet, Dena Cho Trail

Le premier jour de notre randonnée de près d'une semaine à travers les forêts, nous parvenons au sommet des falaises surplombant la Pelly River. Une forte pluie s'abat soudainement sur la vallée, et tandis que nous installons nos affaires sous un tarp (abri en toile), je reste contempler les forêts se perdre dans l'averse matinale...

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22 juillet, Dena Cho Trail

Le deuxième jour du trek, nous longeons les falaises avant d'arriver à la cabane forestière installée près d'une petite rivière. Alors que nous découvrons une nouvelle vue époustouflante sur la Pelly River, de hautes averses s'approchent.

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23 juillet, Dena Cho Trail (cabane 3)

Nous progressons dans cet environnement vierge le long d'une piste parfois à peine discernable. Évidemment, l'ours en tête, tout du long : les traces sont omniprésentes, mais en étant attentif aux signes, et en veillant à faire régulièrement assez de bruit, nous évitons la rencontre imprévue...
La Nature sauvage règne encore, ici ; ces taïgas comptent parmi les dernières forêts primaires, au même titre que les parties les plus reculées de l'Amazonie. La main de l'Homme n'a pas modifié ces immensités, et c'est un privilège rare que de les parcourir. Alors forcément des traces, il y en a beaucoup : ours, loups, lynx, cervidés, castors ; nombreux porcs-épic, que l'on croise quotidiennement.

Quand je prends cette image, le plus long jour de marche touche bientôt à sa fin, alors qu'une heure nous sépare d'une cabane au bord de la Pelly River. Une journée entamée par la traversée d'un torrent, sacs au dessus de la tête, dans une eau pas franchement chaude. Plus de 8h à batailler à travers le bush, dans les nuées de moustiques, à se faufiler entre des arbres écroulés sur la piste, sous une pluie intermittente ; il était temps...

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Nous arrivons à la troisième et avant dernière cabane du trajet, sur les rives de cette large rivière que l'on contemplait de haut jusque là.

Des averses orageuses naissent en fin de journée, tandis que nous nous reposons sur la plage de galets...

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24 juillet, Dena Cho Trail (cabane 4)

La dernière cabane se situe en hauteur, au dessus d'un ravinement où serpente un petit ruisseau glacé. La vue ici est saisissante, sur la chaîne des Pelly Mountains. Les sommets captent quelques rayons filtrant à travers les nuages, alors que le soir tombe. De petits rideaux de pluies dansent au loin, se succédant lentement...

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31 juillet, Blind Creek Road

Le dernier soir de juillet, un arc-en-ciel se forme au dessus du camp de Blind Creek, où nous travaillons (bien que le terme "travail" paraisse peu approprié). Débute alors un sprint éreintant vers le point de vue situé à une trentaine de minutes de marche de là.

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Essoufflé, j’arrive enfin dans la côte dominant les forêts. L’un des aspects les plus magiques du Grand Nord en cette saison est par chance la longueur impressionnante des levers et couchers de soleil, l’astre plongeant le long d’un axe presque parallèle à l’horizon. Sans cela, je n’aurais probablement pas pu arriver ici à temps.

La scène est chaque seconde plus incroyable : le ciel, strié par les averses, se parant de couleurs oranges et dorées, virant vers le rouge à mesure que le soleil approche de l'horizon. Le couchant est grandiose, au dessus des forêts.

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15 août, camp de Blind Creek

Ce soir là, alors que nous jouons aux cartes avec Jane, nous discutons d'aurores boréales. Nous avons hâte de voir nos premières "lumières du nord", maintenant que les nuits sont devenues sombres.

Nous allons nous coucher, vers 23h, alors que le crépuscule bleu s'installe. Au moment de nous glisser dans nos sacs de couchage, nous entendons Akilah s'écrier "Hey guys, northern lights !" Pensant d'abord qu'il s'agit d'une blague, nous sortons tout de même avec une excitation naissante et levons les yeux vers le ciel.

Une lueur verte s'étire en un ruban phosphorescent au dessus du camp. Notre première aurore.

Nous restons un moment, tous les 4, à nous exalter à chaque fois que les lueurs s'intensifient, dansant avec une rapidité étonnante. Quelques petites aurores se manifestent au dessus des tentes, et ni Jane ni Akilah ne semblent lassées de ce spectacle, bien qu'ayant passé chacune leurs vies dans le grand nord.

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Elles retournent se coucher alors que Camille et moi restons dehors, attendant une nouvelle apparition dans la voûte étoilée. Nous n'attendons pas longtemps avant de voir apparaître un festival de lueurs colorées à l'horizon, se répandre au dessus de nous avec toujours cette vitesse désarmante...

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Je file dans la forêt, près de la rivière, afin d'essayer de trouver une composition plus intéressante. Malgré les bruits inquiétants (parfois si forts que j'en viens à penser que c'est Camille qui me rejoins – ce qui n'est évidemment pas le cas), je reste près de l'eau à attendre. La récompense arrive bientôt, quand une vague luminescente s'étends à travers le ciel au dessus des sapins...

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Quand nous retournons finalement dormir, à 2h passée, les images irréelles des lueurs brillantes et colorées se bousculent encore dans nos têtes...

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Il y aurait probablement encore beaucoup à évoquer. Des moments plus qu'insolites, entre-autres. Comme cette soirée, par exemple, pendant laquelle – alors que nous regardions par une fenêtre le crépuscule s'éterniser – nous vîmes les 4 lamas sauter, comme pratiquant un rituel dansant improbable, autour d'une petite chose sombre qui marchait dans l'herbe. Il ne nous fallu pas longtemps pour comprendre : c'était un porc-épic, hantise de toute personne ayant pour tâche de garder des animaux dans cette région. Craignant que les chiens ne l'aperçoivent et n'aillent y coller leur museau, nous débutâmes un sprint, et nous mîmes à chasser – tant bien que mal – les lamas trop curieux. Le porc-épic se mit alors à faire quelque chose qui nous surprit au plus au point : grimper dans un arbre. Il monta peu à peu vers le sommet d'un petit sapin... La suite était facilement prévisible. Poussé par les aboiements de deux des chiens ayant finalement vu la scène, l'animal – finalement assez lourd – parvint à la cime de l'arbre. L'inévitable se produit alors : le jeune sapin, bien trop frêle, cassa. La créature vint heurter le sol en un "BUMP" sourd et resta sonné quelques instants, le temps pour nous d'attraper une caisse en plastique que nous avions emporté, et de l'y faire rentrer. Il ne nous resta qu'à charger la caisse à l'arrière de l'ATV (quad) que l'on nous avait laissé, et de partir le relâcher à quelques kilomètres de la ferme.

 

Le mois passé à Whitehorse fut aussi agréable, simple. L'automne défila, les couleurs passèrent du jaune à l'orange puis au rouge avant que les feuilles ne soient emportées par le vent, en septembre. La neige tomba, les derniers jours d'août, sur les collines proches, une centaine de mètres de dénivelé plus haut. La température descendait en même temps que raccourcissaient les jours et que s'allongeaient les nuits. Quelques aurores pâles se laissaient entrevoir, parfois, malgré la lumière crue des lampadaires de la rue... Ce fut aussi l'occasion d'avoir un aperçu de ce qu'aurait été la vie à Whitehorse sans voiture : 40 minutes de marche pour aller faire les courses, 40 minutes pour en revenir, le sac à dos chargé. Tout étant très cher, connexion internet y-compris (très limitée), si nous avions besoin d'un réseau plus performant, nous devions nous rendre dans le petit Starbucks du centre.

Après quelques tentatives de recherche d'appartement, et après que l'idée de s'installer à Montréal se soit imposée à nous, nous réservâmes nos billets pour un vol Whitehorse – Montréal via Vancouver.

Le 20 septembre, durant une nuit blanche, un taxi nous amena jusqu'à l'aéroport vers 3h. À 5h50, nous décollions, cap vers le sud. L'aube de là-haut était magnifique... Une légère nostalgie doublée d'excitation m'étreignait alors que je réalisais qu'enfin, nous allions pouvoir nous installer. Avoir, bientôt, un chez-nous.

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Mon regard jonglant entre le hublot et le petit écran du siège où s'affichait la position de l'appareil au dessus de la côte pacifique, je réalisais que nous dépassions Skagway, Hyder, Stewart, Ketchikan, à une vitesse proche de l’instantanéité, en comparaison de ce long voyage que nous avions entrepris en hydravion, ferry et train...

Peu après, le soleil se levait.

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En un peu moins de 2h30, nous approchions Vancouver. Une fois passés sous le plafond nuageux, le ciel et la lumière étaient superbes, sombres, alors que des turbulences accompagnaient notre arrivée.

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Quelques minutes plus tard, nous atterrissions. Après avoir rapidement embarqué dans le vol suivant, nous amorcions l'ultime ligne droite à travers le pays. Retour vers l'est...

Des champs aux formes rectangulaire ou circulaires défilaient, 12000 mètres plus bas, suivis de hautes montagnes : les Rocheuses, déjà enneigées. Plus tard, nous passions d'immenses lacs parfois semblables à des mers, et des forêts sauvages tachetées de multitudes de plus petites étendues d'eau. Au bout de quelques heures et 3 fuseaux horaires, nous descendions. Après un demi-tour, nous survolions la ville, passions non loin de la Tour Olympique et des immeubles dans lesquelles nous avions été hébergés 4 mois auparavant, et nous posions enfin.

 

12 octobre 2015 - Montréal, Québec

À l'heure où j'écris ces dernières lignes – les seules ayant été rédigées en dehors du Yukon – nous emménageons dans notre appartement. Cela faisait près de 7 mois que nous n'avions pas eu de réel endroit "à nous". Ces 4 mois passés sur les routes des États-Unis et du Canada furent exceptionnels. Le road trip en lui même me laisse une emprunte indélébile, chargée de souvenirs, et cet été dans le Yukon fut une expérience incroyablement enrichissante. Je n'ai évidemment pas pu, ici, tout raconter. Détailler notre voyage, nos rencontres, nos moments forts... Mais j'ai pour projet de relater ce périple d'une autre manière, avec une approche différente : tout au long de la traversée, depuis le départ, j'ai filmé le voyage. Je comptais réaliser un moyen ou long métrage personnel, expérimental, et ainsi me lancer une première fois dans une réalisation vidéo plus approfondie, plus longue, que tout ce que j'ai pu essayer pour le moment. C'est un projet qui me prendra beaucoup de temps. J'ai les images brutes, une idée de ce que je vais faire, des pages et des pages de notes, de storyboards pour me guider dans le montage, d'ébauches de compositions, d'idées... Mais il faut que j'assemble ces différentes pièces, et je ne sais pas encore concrètement à quoi ressemblera le puzzle une fois achevé. Il reste un gros travail d'écriture, de composition, d'enregistrement, de montage... Je ne sais donc pas quand ce "film" aboutira, et je ne m'impose aucune limite de temps. Ce sera quelque chose de différent, et un coup d'essai pour moi, étant donné que le cinéma, bien qu'amateur pour le moment, m'attire de plus en plus, étant le moyen parfait pour réunir les différents domaines qui me sont chers : l'image, la musique, le son, et l'écriture.

La suite : travailler sur Montréal et essayer d'économiser suffisamment pour financer du nouveau matériel et un nouveau van en vue d'un second grand road trip américain... Le projet pour l'été 2016 est déjà en préparation, et j'espère pouvoir le réaliser. Cette fois-ci, le trajet resterait aux USA, direction le Nouveau-Mexique et l'Arizona en quête de déserts, de foudre, de paysages nouveaux, et de tout un tas d'autres choses... Mais l'été est loin, les choses ont encore le temps d'évoluer, donc nous verrons.

Photographiquement parlant, avec de la chance je devrais réaliser quelques nouvelles choses cet hiver, si tout va bien. Je ne laisserai donc évidemment pas le site sans nouveautés d'ici à l'été prochain, bien que les choses soient désormais très différentes par rapport à la France (pas de montagnes notamment, dans cette région). Je prépare actuellement de nouvelles galeries, de nouveaux contenus, à suivre d'ici peu.

C'est ainsi que s'achève ce récit que j'ai été heureux de partager avec vous. J'espère qu'il vous aura plu, et pour le clore, je vous conseille vivement l’écoute de ce morceau qui représente pour moi à lui seul toute l'ambiance ensoleillée et orageuse des Grandes Plaines, des dirts roads et des highways interminables de Chicago à Garnet Ghost Town :

Led Zeppelin - When The Levee Breaks

[ 8 février 2017 - Toulouse, France ]

Le projet vidéo, finalement un long métrage, est désormais achevé et en ligne :