Traversée de l'Amérique du Nord - Partie 3/6 : Sur La Route Des Badlands

- Carte de Badlands National Park | Carte intégrale de la partie 3/6 -

[ En vert : les villes mentionnées dans le récit ]

 

Le désert est le milieu de la révélation, il est génétiquement et physiologiquement autre, sensoriellement austère, esthétiquement abstrait, historiquement hostile... Ses formes sont puissantes et suggestives. L'esprit est cerné par la lumière et l'espace, par la nouveauté cénesthésique de la sécheresse, par la température et par le vent. Le ciel du désert nous entoure de toute part, majestueux, terrible.

 

Paul Shepard

L'Homme Dans Le Paysage

 

2 juin - Wall, South Dakota

Au matin du 2 juin, nous quittons le motel et partons vers le proche Badlands National Park.

À la différence des badlands de Toadstool Geologic Park ou des Bardenas Reales espagnols, ceux-ci s'étirent sur de très vastes étendues, variants par leurs formes et la nature de leurs sols selon les différents secteurs. Escarpés, pointus et aux crêtes acérées, autant qu'arrondis et ramifiés en une infinité de courbes et de veines ; du blanc au pourpre en passant par toutes les nuances du beige et du jaune, travail de l'oxydation et des époques – sculptures de millions d'années d'une géologie et d'un climat fluctuants...

Nous explorons la "Badlands loop road" (ou Highway 240), une route serpentant sur plus d'une trentaine de kilomètres à travers les collines étranges et les canyons asséchés. De nombreux points de vue la jalonnent, mais nous finissons par en choisir un à l'écart, le long de Sage Creek Road, une dirt road isolée longeant de hautes falaises menant au nord-ouest du parc, près du départ de la route 240.

Nous attendons là, l'après midi, que de nouveaux orages se forment. Peu à peu, ceux-ci naissent au dessus des lointaines Black Hills, et de sombres et vastes rideaux de pluie dansent à l'horizon, approchant doucement du désert.

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L'orage éclate alors. La foudre tombe sur les collines d'argile dans une atmosphère asséchée...

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Au plus fort de son intensité, alors que la journée touche à sa fin, les éclairs internuageux et les impacts frappent plus près, dans une lumière dorée, alors que le vent se lève.

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La pluie nous gagne. Nous retournons sur la route d'asphalte menant au cœur du désert. La lumière se fait alors étrange sur les collines détrempées, diffusée et estompée sur le paysage irréel qui nous entoure. Toutes les nuances de ces terres se dévoilent alors.

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Nous continuons la route et bifurquons vers Conata Road, au sud. Nous nous arrêtons le long de celle-ci, et je grimpe une colline aussi vite que possible pour capter les foudres nouvelles qui tombent maintenant derrière nous, tandis que le reste de l'orage s'éloigne vers l'est.

Là encore, cette lumière surréaliste enveloppe les lieux...

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La scène qui s'offre à nous au sud-est est grandiose, hypnotique. Dominant le paysage, de grands mammatus captent la lumière rasante, cernés d'obscurité, alors que naît un arc-en-ciel au dessus de la route détrempée qui s'éloigne au sud...

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La journée s'achève ainsi, laissant s'installer une nuit venteuse sur les badlands...

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  • 3 juin

Une nouvelle journée brûlante commence, sur le campground du parc national. Nous partons "visiter" les environs, marcher un peu entre les collines sauvages... Mais les quantités de moustiques et la chaleur étouffante, au creux des vallons, finissent par nous pousser à fuir vers les hauteurs, plus ventées.

On trouve, sur le plateau, quantités de chiens de prairies (sortes de petites marmottes). Nous croisons aussi deux Petits Ducs, qui comme leur nom l'indique sont de tout petits hiboux (étrange, d'ailleurs, d'en croiser à cette heure).

Un peu plus tard, nous décidons d'aller explorer Conata Road, au départ de laquelle nous avions garé la voiture, la veille, pour contempler les vestiges de l'orage.

Après quelques centaines de mètres, l'asphalte cède la place à la terre poussiéreuse qui nous est désormais familière. La piste file droit dans de grandes prairies sèches et des troupeaux de vaches endormies, avant d'arriver dans une zone plus sauvage, et aride... Au loin, nous apercevons ce qui ressemble à une carcasse de métal, perdue dans les hautes herbes. Nous arrêtons la voiture et approchons. Il s'agit de l'antique carrosserie rongée par la rouille d'une voiture du siècle dernier, qui semble avoir été prise pour cible par quelques chasseurs, au fil des ans ; évoquant une époque révolue, impassible dans cette brise étouffante de juin. Au loin les badlands semblent se fluidifier, floutés sous l'action des fortes chaleurs sur la prairie...

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Un peu plus tard dans la journée, nous revoilà au cœur du parc national. En remontant la route vers le nord, nous croisons quelques mouflons allongés sur le flanc d'une pente raide, à l'ombre. L'un d'eux se détache, fièrement installé sous un rayon rasant, entre les arbustes.

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Le soir venu, nous finissons par trouver un emplacement à l'écart, dans une vallée, pour passer la nuit. La chaleur retombe alors enfin, doucement. Le chant des grillons résonne autour de nous.

 

  • 4 juin

Ce matin là s'avère plus frais, le ciel étant chargé. Malgré tout la température grimpe vite, bien qu'heureusement moins que les jours précédents. Nous nous promenons dans de nouvelles régions, sachant que notre route vers le nord reprendra le lendemain.

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Nous croisons à nouveau des mouflons l'après midi. Un grand troupeau cette fois-ci, courant sur les crêtes.

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En fin de journée, la lueur déclinante et partiellement voilée du soleil nous offre une nouvelle fois de beaux contrastes, et dévoile une nouvelle palette lointaine de nuances colorées.

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Pour notre dernière nuit dans les badlands, nous retournons vers le vallon où nous avions dormi la veille. Une nouvelle fois, un fort vent nocturne se lève entre les collines...

 

  • 5 juin

Nous reprenons la route de Conata vers le sud, et cette fois partons à l'ouest, à la jonction d'une route goudronnée. Nous voulons repasser à Scenic, ce village abandonné que nous avions découvert quelques jours plus tôt.

L'ambiance est plus nuageuse, et la lumière moins dure. Aussi, nous réalisons de nouvelles images de ce fameux saloon.

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La journée se résumera ensuite à retourner à Wall via la route terreuse de Sage Creek – que nous avions emprunté 5 jours auparavant – pour y faire des courses et y passer une nouvelle nuit en motel, avant de reprendre notre itinéraire vers le Dakota du Nord.

 

  • 6 juin

La route, de nouveau. Nous filons vers Rapid City puis vers le nord, croisant au passage un orage surprise à proximité des Black Hills.

Nous roulons alors sur l'une de ces interminables highways rectilignes. Il n'y a pratiquement plus de villes, ici, et les camions et pick-ups se font rare. Le ciel se charge, durant la journée, lentement, la pluie approche.

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En fin d'après midi, après avoir laissé les averses derrière nous, nous apercevons sur la gauche de cette route un panneau "Custer National Forest". Une nouvelle piste de terre rouge nous y mène rapidement, et nous trouvons un endroit paisible pour nous reposer et dormir. Les paysages commencent à changer, alors que nous approchons du Dakota du Nord. Ici, nous découvrons une forêt de pins oubliée, loin de tout. Le soir s'installe, et cette lumière bleutée l'accompagne à nouveau...

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  • 7 juin

La nuit ne fut pas particulièrement reposante. Vers 5h, un bruit nous réveilla sous la voiture, quelque chose qui semblait gratter. Je descendis inspecter les alentours : rien en vue, ni sous le van, ni dans le moteur, ni à proximité. Et le bruit ne cessait pas. C'est en remontant me coucher que je découvris une souris en train de grignoter la poubelle sous le siège conducteur... Celle-ci prit la fuite en me voyant, et continua de ronger tout ce qu'elle trouvait dans le coffre, puis s'échappa, après que nous ayons vidé une bonne partie de notre matériel, quelque part derrière le tableau de bord. Ce ne fut qu'après avoir usé de tout un arsenal de techniques farfelues que je réussi enfin, vers 7h30, à la faire ressortir par un éventuel trou situé sous le capot...

Le soleil se lève alors, et ne pouvant pas me rendormir, je passe le début de matinée à nettoyer les caisses contenant nos affaires, couvertes de la poussière des dirts roads. Quand Camille se lève nous déjeunons quelques pancakes, puis repartons.

Nous arrivons rapidement dans le Dakota du Nord. Les paysages continuent de changer, mais restent globalement constitués d'immenses étendues, d'où ressortent parfois quelques reliefs lointains.

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Au bout d'une heure, nous arrivons sur une route appelée "Enchanted Highway", au bord de laquelle sont situés d'immenses sculptures en métal, représentant pour la plupart des animaux ou personnages surdimensionnés.

Après cet improbable détour, nous approchons de la ville de Medora, et notre destination du jour, Theodore Roosevelt National Park. Il s'agit encore une fois de badlands, mais ceux-ci sont pour la majeure partie couvert de végétation. On y croise bisons, chiens de prairies, serpents à sonnettes et quantités d'autres animaux locaux. Les paysages sont intéressants mais la lumière est trop dure, aussi, hormis quelques vidéos, je ne réalise pratiquement aucune image – du moins aucune image intéressante.

Nous passons la soirée et la nuit dans un nouveau campground, plus peuplé que les précédents, au cœur du parc national.

 

  • 8 juin

Cette nuit là encore, nous n'eûmes pas autant de sommeil que nous l'aurions souhaité. Il s’avéra qu'une souris était encore présente dans la voiture – ou qu'une autre s'était introduite dans la nuit. Trop épuisé pour recommencer à vider le van, j'entre-ouvris simplement la portière pour qu'elle sorte d'elle même – avec un peu de chance. Miraculeusement, le grignotement finit par cesser ; mais une quinzaine de minutes plus tard un nouveau bruit étrange se manifesta.

Il s'agissait cette fois d'un bison, situé à 3 ou 4 mètres de la voiture, qui se grattait contre un arbre. Il resta quelques minutes dans les environs, et s'en alla paisiblement... Nous laissant enfin dormir, encore un peu.

Dans la matinée, nous retournons sur les routes du parc national. Au détour d'un virage, nous faisons une nouvelle rencontre : un troupeau de bisons bien décidés à traverser nous barre la route...

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Nous laissons la faune tranquille prendre le soleil, et nous dirigeons vers un endroit qui semble des plus intéressants, que nous avions repéré sur les cartes la veille.

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"Petrified Forest", est une partie plus reculée du parc national. Dans une chaleur de plus en plus difficile à supporter, nous empruntons une nouvelle route de terre et approchons du secteur en question. Là, dans cette nouvelle zone de badlands à demi dénudés, nous découvrons des fragments de troncs de Séquoia pétrifiés jonchant le sol. Malgré des millions d'années de fossilisation, ces vestiges conservent l'aspect qu'ils devaient avoir à l'ère qui les a vu croître.

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Après avoir marché un moment sous le soleil, nous retournons dans la fournaise qui nous sert de véhicule. En redescendant la piste, nous sommes de nouveau obligés de fermer fenêtres et aérations pour éviter qu'un millimètre de poussière ne vienne se déposer partout dans l'habitacle. La chaleur est telle que, malgré les petits ventilateurs que nous installons sur le tableau de bord, nous avons presque du mal à respirer, trempés de sueur... Au bout de 10 longues minutes, l'interstate que rejoins la piste apparaît enfin, et nous filons vers l'ouest toutes vitres baissées.

En peu de temps nous quittons le Dakota du Nord pour le Montana. Après une longue portion d'interstate traversant les paysages variants de l'est de l'état, nous nous arrêtons sur une aire de repos dans les environs de Cartersville. Là, du haut des falaises herbeuses surplombant le fleuve Yellowstone, nous mangeons quelques grillades au coucher du soleil, et passons la nuit sur le parking.

 

  • 9 juin

Enfin une nuit reposante. Nous avions installé à contrecœur quelques tapettes à souris, mais par chance, elles avaient semble t'il définitivement quitté les lieux.

Une longue route vers l'ouest de plus de 600 kilomètres nous attends désormais. Nous préférons alors quitter l'interstate pour emprunter, à temps pratiquement égal, les routes secondaires. C'est alors que commence la traversée des prairies infinies du Montana, où les villages se font plus rares encore que dans le Kansas. D'interminables étendues, d'interminables routes rectilignes, systématiques, univers disproportionné et nouveau pour quiconque venant d'Europe, où les routes étroites sinueuses ne semblent avoir aucun équivalent ici. Néanmoins, outre la monotonie parfois soporifique qu'elles procurent au volant, ces routes ont un charme indiscutable... Cinématographique, encore.

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Les petites villes commencent à se faire plus fréquentes, au bout d'un certain temps. Nous faisons le plein dans l'une d'elles, et en profitons pour photographier des scènes de cette Amérique profonde.

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Le relief se fait plus montagneux, à mesure que nous approchons de notre destination : Garnet, un petit village de mineurs d'or abandonné dans les forêts montagneuses, à l'est de Missoula. La route dessine désormais de grandes courbes, se refusant toujours à serpenter en lacets étroits, évoluant en lignes souples à travers le paysage.

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Nous traversons une zone forestière, puis arrivons au sommet est d'un bassin, où se trouve la ville d'Helena. Après avoir contourné un grand lac et passé Helena, nous amorçons une longue montée assez raide, alors que, malgré les orages naissants, la température reste élevée. Le vieux moteur finit inévitablement par surchauffer, et nous nous arrêtons sur le côté pour ouvrir le capot et le laisser refroidir. Au bout d'une bonne vingtaine de minutes, nous repartons.

Nous récupérons un peu plus tard une petite portion d'interstate, pour finalement prendre la sortie menant au départ d'une piste caillouteuse montant raide dans les forêts de pins gris. Encore une fois, le moteur surchauffe. Nous stoppons au détour d'un lacet – car enfin, cette piste à l'allure d'une route de montagne – et attendons encore, sous la pluie. Le tonnerre se fait entendre de plus en plus fréquemment.

Nous recommençons la manœuvre une ou deux fois avant d'arriver à un point de vue donnant sur la vallée. La jauge approche régulièrement du rouge, et nous ne progressons que par centaines de mètres successives... Dernière pause. Le liquide de refroidissement bout et de la vapeur s'élève du capot, il était temps. L'avantage de cette piste est que l'on peut facilement s'arrêter au milieu et se garer là, personne ne semblant l'emprunter. Nous laissons la voiture se rafraîchir et, alors que la pluie s'achève, des éclairs internuageux commencent à sortir des rideaux de pluie. Puis vient le premier coup de foudre.

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L'orage se poursuit ainsi une quarantaine de minutes, la majorité des impacts tombant au loin sur les montagnes... Le moteur prêt à redémarrer et le tonnerre s'éloignant, nous terminons notre route et parvenons en quelques minutes à Garnet.

Nous nous garons au bout du petit parking de gravier dans les bois, et descendons le sentier jusqu'au village fantôme... D'un petit promontoire dominant l'ancienne rue principale, nous découvrons une vingtaine de bâtiments en bois dispersés à flanc de vallon, cernés de pins.

Les lieux restent entretenus, actuellement, et l'état de délabrement dans lequel ils se trouvaient semble figé à jamais. Certaines maisons se penchent néanmoins, comme ployant sous la force d'un vent impossible. L'endroit est paisible, désert, à cette heure. Le tonnerre se renouvelle alors, doucement, dans la vallée.

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Les grondements s'éloignent. Le soir vient, lentement, tandis que nous retournons dans les bois au parking, pour manger. Le soleil perce soudain de nouveau, et un éclat doré se disperse entre les arbres. Un arc-en-ciel se déploie sur les collines...

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Le ciel se charge alors de jaune, d'orange, puis de nuances de pourpre, au delà des cimes.

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Un crépuscule gris succède à l'embrasement et, dans un murmure, un léger vent se lève.

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  • 10 juin

La journée du 10 juin sera une journée de repos. Nous restons ici, le lieu étant paisible. Il fait beau, et malgré quelques touristes de passages, arrivant ici par une piste plus entretenue, au nord, la quiétude persiste. Nous observons la faune : écureuils terrestres (sousliks), oiseaux variés, toutes sortes de petits animaux des bois...

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Nous prenons le temps de faire les choses. Je dessine le tracé de notre itinéraire depuis Montréal sur la carte des USA, rituel quotidien depuis notre départ. Je remarque alors un petit oiseau bleu vif, à l'air particulièrement intéressé par un tronc d'arbre – un seul et même tronc d'arbre. Il semble y trouver des vers ou autres insectes en abondance. Mon attention se fixe alors sur lui et j'essaie, à chacun de ces passages, de capturer ses mouvements lorsqu'il fait du sur-place, fouillant dans l'écorce... L'exercice n'est pas évident, d'autant que mon objectif 70-300mm n'est pas des meilleurs ; et la profondeur de champ étant très faible, je dois tenter dans ces brefs moments de faire la mise au point sur l'oiseau vif en mouvement, tout en ayant optimisé mes réglages au maximum selon la lumière changeante. Finalement, je parviens deux ou trois fois à capter quelques brefs battements d'ailes avec une netteté satisfaisante...

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D'autres oiseaux, plus calmes, se laissent photographier un peu plus facilement, durant l'après midi. Je suis loin d'être photographe animalier – j'admire d'ailleurs la patience et le talent de certains d'entre eux – mais je me prends au jeu, l'exercice me plait, relevant un peu du challenge, parfois.

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L'après midi passe, et mes "expérimentations ornithologiques" s'achèvent.

Le soir venu, je décide de monter dans les collines, et d'attendre le soleil couchant du haut d'un rocher. Camille me rejoint, alors que les ombres s'allongent et que les grands conifères ondulent avec lenteur.

Le ciel se teinte à nouveau de couleurs multiples, les forêts s'assombrissent. Un jeune cerf, sorti des bois denses, se promène entre les pins plus espacés, sur la colline derrière nous.

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La nuit tombe, les nuages défilent. Une multitude de bruits s'élèvent en chœur de la forêt...

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Sur le chemin du retour, tandis que la nuit tombe, nous rencontrons à nouveau le cerf. Un autre le rejoint, et les deux nous regardent, curieux, sans sembler effrayés par notre présence pourtant si proche en ce lieu sauvage et loin du monde.

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Il fait nuit, désormais. Les étoiles brillent au dessus de nous, et la symphonie nocturne bat son plein.